Exposition Présences - Art Numérique, Arts Plastiques - 13 septembre - 30 octobre 2019, Bernin (38)


Fresque murale : « Archéologie d’une présence » largeur 3,70 m x hauteur 3 m
Crayon graphite, acrylique et transfert sur non-tissé - 2019

Fortement impressionnée par l'épaisseur des vies qui émane des murs de la cuisine, émue par l'abandon des lieux et leur dégradation inexorable, j'ai entrepris de garder trace de cette mémoire par un travail in situ.  

En occultant tout un pan de mur je choisis de faire remonter à la surface des fragments de mur réels ou fictifs, minutieusement, comme un travail de fouilles archéologiques.

Dessiner en noir et blanc me permet de garder une distance avec le réel. L'écran blanc devient une surface de dialogue entre réalité et fiction, il devient corps, entrailles, avec son réseau sanguin de fils. Il convoque des souvenirs, celui d'une mouche les bras en croix, celui d'un chauffe-eau en lévitation ou celui d'un corps flottant en apesanteur.


Série : « Empreintes » - encre de chine sur polyester - 60 x 52 cm - 2019

J’ai d’abord cherché à retrouver la présence de l’ancien propriétaire des lieux, Charles-Albert Keller, par le champ de la peinture qui m’est plus familier, esquissant sur le mur des silhouettes fantomatiques presque imperceptibles.

Puis, abandonnant cette piste pour m’intéresser à l’évier, lieu de souillures, de frottements et de vécus, j’en ai fait le dessin précis qui est devenu matrice, surface de re-création.

C’est finalement au hasard de ces taches que sont réapparues en surface des présences, des images.

Utilisant pour peindre les objets usuels : éponge, brosse, paille de fer, j’ai démultiplié l’évier en petits théâtres de composition abstraites.

J’ai joué de cette frontière entre abstraction et figure, quand la limite ne tient qu’à une tache, qu’à une mouche.

Paysages d’un huis clos, d’après le texte de Marguerite Duras : « La maladie de la mort ».

J’ai extrait du texte de Marguerite Duras « La maladie de la mort » tous les mots qui évoquent le paysage extérieur à la chambre. L’auteur décrit une mer noire, le vent, l’orage, une lumière décolorée…

Etrangement ces éléments extérieurs incarnent le huis clos de la chambre : la mer, l’ourlet des vagues sont autant de métaphore du corps de la femme, des plis et replis intimes de sa chair. Et par son irréalité, le cramoisi d’Alizarine devient menace

Impressions marines - huile sur papier - 30 x 30

 

Une autre vidéo en ligne présente l'exposition dans sa globalité.

Dialogue insolite entre art numérique et art traditionnel au château de La Veyrie

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